Tout l'imaginaire des 12-25 ans dans les "nicks" (ou pseudos)
LE MONDE | 08.01.05
Pour faire partie de la communauté MSN Messenger, il faut un surnom. Les enfants ou les adolescents disent plutôt un pseudo ou un "nick", pour nickname. Lorsque les messageries se sont imposées aux moins de 20 ans, à l'été 2003, les utilisateurs qui entraient dans une liste de contacts conservaient leurs surnoms longtemps. Les plus petits choisissent des mots simples, comme "Allez l'OM", ou "je déteste le prof de maths". Ou gardaient le petit nom donné par les amis. Aujourd'hui, ils en changent comme de chemise. Les filles, plus rompues au journal intime, choisissent souvent un "petit proverbe", une "petite maxime"par jour.
Avec la nouvelle année sont aussi apparus les "Leo 2005" ou "Samia 2005". En septembre 2004, on a vu beaucoup de "la rentrée c'est nul". "Le pseudo reflète l'état d'esprit du moment", résume Charles-Antoine, 16 ans. Cette semaine, après la rentrée des vacances de Noël, l'état d'esprit des lycéens, c'était, forcément : "Déjà marre des cours".
Les "nicks" réagissent en temps réel à la conjoncture et suivent des "petites modes", comme dit Charles-Antoine. Depuis les ravages des tsunamis en Asie, tous les adolescents qui utilisent MSN Messenger ont ajouté à leur "buddy" - pote, en anglais, c'est-à-dire le petit personnage inscrit avant leur pseudo - un petit logo jaune avec deux doigts qui se croisent. Lors de l'intervention américaine en Irak puis des attentats à Madrid, le "no a la guerra" a fleuri sur les listes de contact de MSN. Lors de l'épidémie de SRAS, les buddies étaient masqués.
"On prend surtout des pseudos états d'âme", dit joliment Lola, 14 ans. Une fille qui a perdu son amoureux s'appelle au moins pour quelques jours"il m'a breaké". Une autre écrit : "Max faut qu'on parle". Parfois, le style est beaucoup plus direct.
Bien avant l'adolescence, l'humour est souvent noir, le pseudo (faussement) désespéré. Isaure, 12 ans, a choisi "La vie est belle (ironi trè profonde)" ; un autre élève de son collège, 11 ans, "Je m'appelle Joseph et je fais pitié". Chez les ados, l'inspiration vient beaucoup de la musique et du cinéma, et qui varie évidemment suivant les tribus. Dans la même classe de première, un garçon a choisi "Waiting for an angel", d'après Ben Harper, une fille "la petite pop's quelque part dans le monde abstrait".
Dans les tribus des lycées parisiens, on cite même Lamartine ou Sénèque dans le texte. "Ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible", se nomme ce brillant élève de terminale S, et un autre : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". Mais en général, c'est plutôt : "Ma puce, je suis toute gaise" (contente), ou "hip-hop, ça déchire".
Ariane Chemin et Virginie Malingre
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.01.05
Francis Jauréguiberry, sociologue au CNRS, professeur à l'université de Pau
"Pouvoir inventer de nouveaux codes d'échange"
LE MONDE | 08.01.05
La messagerie instantanée est-elle l'équivalent, pour les années 2000, du téléphone auquel se suspendaient les adolescents des années 1970 - Sophie Marceau dans la boum, de Claude Pinoteau - après l'école ?
Sans doute. Cela procède du même phénomène. On peut s'étonner de voir des adolescents se précipiter sur leur ordinateur pour communiquer avec des copains qu'ils viennent de quitter. Mais il en va exactement de même avec le téléphone, qu'il soit fixe ou portable.
La différence est sans doute que l'on va chaque fois vers une autonomie grandissante. Avec le téléphone fixe, l'adolescent n'était jamais vraiment seul. Remarques ou questions gênantes de la part des parents, des frères ou des s½urs sont toujours possibles. Les portables instaurent cette autonomie, mais une écoute, même discrète, de l'entourage est toujours possible. Avec MSN, plus d'écoutes. C'est l'autonomie totale.
Vous êtes l'auteur des Branchés du portable. Sociologie des usages (PUF, 2003). En quoi le "chat" diffère-t-il, dans ses usages, du téléphone portable ou du mail ?
Il y a le fait qu'on peut discuter à plusieurs, parfois avec l'image et le son d'une webcam. Un vrai côté ludique est associé à la faculté d'écrire très vite et de pouvoir inventer de nouveaux codes d'échange. Une proximité langagière s'invente ainsi au fil des échanges, "matérialisant" l'échange médiatique.
Les usagers de MSN Messenger adoptent un surnom. Cet univers de "chat" privé est-il un monde parallèle ?
Pas parallèle, parce que ça voudrait dire que les deux mondes ne se rejoindraient jamais. Il s'agit plutôt de deux mondes qui se superposent. Au monde physique dans lequel la distance signifie séparation et silence se superpose le monde médiatisé dans lequel les "proches", bien que physiquement lointains, sont toujours là. Une géographie relationnelle se superpose à la géographie physique. Au demeurant, l'usage d'un surnom est obligatoire sur MSN Messenger. Mais il n'y a rien de nouveau ici : les adolescents ont toujours usé de surnoms qui permettent, précisément, de s'arracher de l'héritage transmis pour s'inventer une identité nouvelle.
L'orthographe du "chatteur" est encore différente de celle utilisée pour les SMS. Y a-t-il un risque pour l'orthographe ?
Je ne crie pas avec les loups, car la faculté de manier et même d'inventer de nouveaux codes, vocabulaire et syntaxe ne soustrait rien à la faculté d'employer les règles "officielles". On peut même faire l'hypothèse que cette agilité rend plus attentif aux subtilités des règles d'orthographe ou de syntaxe...
Propos recueillis par Ariane Chemin
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.01.05
MSN Messenger, la messagerie qui dévore les soirées des ados
LE MONDE | 08.01.05
MSN Messenger, la messagerie instantanée de Microsoft, suscite un engouement croissant chez les jeunes. Ils sont aujourd'hui environ 3,5 millions, entre 12 et 25 ans - soit un tiers de cette tranche d'âge - à échanger par écrit, en temps réel, sur ce système de messagerie privée où ne sont admises que les personnes répertoriées par le carnet d'adresses. Entre copains de classe, MSN s'est substitué aux interminables discussions téléphoniques des générations précédentes, mais aussi aux heures passées devant la télévision. Des professeurs s'inquiètent du temps passé sur l'ordinateur, au détriment des devoirs. Des parents craignent l'influence négative du langage pratiqué sur l'orthographe. "Ces nouveaux codes ne soustraient rien à la faculté d'employer les règles officielles", tempère un sociologue.
Msn messenger : si les parents les moins familiers des nouvelles technologies ont du mal à saisir ce que recouvre précisément ce libellé anglo-saxon, il ne peut plus leur être inconnu. Leurs enfants en sont fous, et, après le collège ou le lycée, le soir et le week-end, devant l'écran de l'ordinateur, y consacrent parfois des heures. Aujourd'hui, 3,5 millions de jeunes entre 12 et 25 ans - un tiers de cette tranche d'âge - utilisent, en France, la messagerie instantanée de Microsoft. Un phénomène massif qui a profondément modifié leurs habitudes extrascolaires et leur mode de sociabilité.
MSN Messenger est une messagerie privée, réservée à ses amis, qui permet d'échanger ("chatter") avec eux en temps réel. Microsoft n'est pas le seul opérateur de messagerie instantanée (sa part de marché mondial est de 55 %), mais, en France, il en est l'acteur quasi exclusif. Selon Nielsen Netrating, 6,8 millions d'internautes - dont la moitié ont moins de 25 ans - y ont recours, quand Wanadoo, AOL et Yahoo ! Messengers se partagent moins de 1,3 million d'utilisateurs.
La messagerie privée possède plusieurs atouts. Elle est d'abord gratuite, dès lors que l'on a accès à Internet. Elle est ensuite plus rapide et conviviale que le mail : pas besoin de taper une adresse, d'ouvrir un courrier. Les échanges des "chatteurs" s'enchaînent sur la même page, en temps réel. Pour peu que les acteurs soient équipés d'une webcam - devenue très abordable - et que le débit soit élevé, et la conversation a lieu presque en tête à tête, quels que soient les mers et les kilomètres parcourus.
Surtout, la messagerie privée est aussi plus confidentielle que le "chat" traditionnel, puisque les indésirables, ceux que l'on n'a pas répertoriés dans les carnets d'adresses, ne peuvent s'immiscer. Et bien plus pratique que les Texto que l'on tape laborieusement sur son téléphone portable. Avec MSN Messenger, on papote avec son amoureuse, son meilleur copain, l'amie de son ami, voire plus si affinités : quinze personnes peuvent en effet participer au "chat" en même temps. Mieux : la messagerie instantanée permet de participer, simultanément, à dix espaces de discussion.
Aujourd'hui, à la sortie des collèges, on entend : "On se retrouve sur MSN." Avec la webcam, le terme "se retrouver" n'est pas usurpé. On peut même montrer à ses potes sa chambre, la tête de son frère ou de sa s½ur. MSN est idéal pour organiser une sortie au cinéma en bande, faire ses devoirs avec ses amis de classe, ou encore parler de tout et de rien pendant des heures, sans craindre de bloquer le téléphone familial et d'alourdir la facture qui va avec.
JARDIN SECRET
Les enseignants ont constaté les premiers que leurs élèves passaient beaucoup de temps sur la Toile - surtout trop tardivement. Les parents, eux, ont mis quelque temps à prendre la mesure du phénomène, tant enfants et adolescents prennent soin de garder secret ce jardin qu'ils considèrent comme strictement privé (dans les témoignages de cette page, tous les prénoms ont d'ailleurs, à leur demande expresse, été changés). Ils s'amusent ou s'inquiètent de cette orthographe barbare aperçue fugitivement sur l'écran d'ordinateur sur lequel "planchent" - si longtemps - leurs enfants. Ou s'étonnent du silence qui règne dans la maison.
En très peu de temps, ce mode de communication a en effet bouleversé les habitudes des plus jeunes. Téléphone et télévision ont pris une place moins importante dans leur univers. A en croire un sondage Ipsos réalisé pour MSN et l'agence de publicité interactive Nurun auprès d'un (petit) échantillon de 302 jeunes de 15 à 25 ans utilisateurs réguliers d'Internet, le Web "est leur média de prédilection". A la question : "Si vous ne deviez garder que deux médias dans votre vie, lesquels choisiriez-vous ?", ils répondent Internet à 61 %, la télévision à 49 %, le cinéma à 35 %, la radio à 29 %, la presse quotidienne à 17 % et les magazines à 9 %.
Cette mini-révolution s'est faite en effet en très peu de temps. Lorsque, en 1997, la société américaine ICQ - pour "I seek you", c'est-à-dire "Je te cherche" en anglais -, depuis lors rachetée par AOL, lance le concept de messagerie instantanée, celle-ci est conçue comme un outil professionnel. Microsoft le reprend en 1999. Il y a bien les "émoticônes", ces petits symboles - une petite tête souriante :), une autre rougissante, ou encore un c½ur rouge... - censés permettre à leurs utilisateurs de partager leurs émotions. Mais il s'agit plus d'un gadget d'informaticiens pour habiller convivialement des documents de travail que d'un outil conçu pour les jeunes.
Aux Etats-Unis, les particuliers ne sont pas fans de SMS et de téléphonie mobile. Mais ailleurs, et notamment en France, l'époque est aux Texto, aux nouveaux parlers, aux tribus. Et quoi de mieux qu'une messagerie instantanée et gratuite ? "Très vite, on a vu les jeunes s'approprier Messenger, inventer leur langage", raconte Gregory Salinger, patron de MSN France.
En juin 2003, MSN lance donc la version 6 de Messenger, cette fois-ci pensée et conçue pour les jeunes. Tout est fait pour leur plaire. De nouvelles "émoticônes" sont créées. Les utilisateurs de MSN peuvent aussi joindre leur photo ou un dessin à côté de leur texte. Et accéder à des jeux. En revanche, pas question d'introduire un correcteur d'orthographe, comme le demandaient certains parents et enseignants.
La version 7, en cours de lancement, accentue encore cette évolution. Elle permet de se créer facilement son weblog et introduit des animations sonores et mobiles, comme cette bouche vermillon qui claque bruyamment la bise sur votre page d'ordinateur.
Les 12-25 ans, les 25-35 ans de demain, font l'objet de toutes les attentions de Microsoft. Une anthropologue, Anne Cohen-Kiel, est même chargée depuis 1999 par le groupe d'étudier la vie des internautes pour définir au mieux leurs besoins, et orienter les recherches des ingénieurs en conséquence. La recette n'a pas la même efficacité partout. Les Etats-Unis restent frileux, le Japon franchement rétif. "Le concept est trop intrusif par rapport à la culture ou au code de bonne conduite", explique-t-on chez MSN.
Le développement des messageries instantanées dépend aussi des facteurs technologiques. La Corée, où le gouvernement a imposé le haut débit à tous les internautes, en est la plus grosse consommatrice. Aux Pays-Bas et en Belgique, également accros à cette technologie, MSN fait un tabac, comme en Espagne, où la déficience des réseaux téléphoniques a assuré le succès des réseaux alternatifs.
En France, entre mai 2003 et aujourd'hui, le nombre d'utilisateurs de MSN Messenger, tous âges confondus, est passé de 2,7 à 6,8 millions. "Nous sommes entrés dans la vie quotidienne des gens", dit Gregory Salinger.
Ariane Chemin et Virginie Malingre
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"Trop de taf pour 2m1"
Voici un extrait d'une conversation-type entre deux jeunes utilisateurs de MSN de 15 ans, dont nous avons respecté l'orthographe, les codes, le vocabulaire, comme s'il s'agissait d'une "capture écran". Le premier des "chatteurs" a choisi pour surnom "Jen peu pu d'cette vie". Le second s'appelle "Velvet vs Big Mac". Chacun écrit à l'autre à la suite du message qu'il vient de recevoir, en temps réel.
Jen peu pu d'cette vie dit :
- Hey gars T là
Velvet vs Big Mac dit :
- Slt -salut- tu fai koi ?
Jen peu pu d'cette vie dit :
- Rien. Et toi ?
Velvet vs Big Mac dit :
- Je glande sur MSN. Tu vas bien ?
Jen peu pu d'cette vie dit :
- Bien à part que trop la déprime. trop de taf pour 2m1 -demain-
Velvet vs Big Mac dit :
- Looooool -Lol est le mot-clé qui signe l'utilisateur d'une messagerie instantanée. A l'origine, il s'agit des initiales de laughing out loud, mort de rire-
Jen peu pu d'cette vie dit :
- En + g pas commencé ! ! !
Velvet vs Big Mac dit :
- MDR -pour mort de rire-. Il serait temps de t'y mettre. DSL -pour désolé- pour toi.
Jen peu pu d'cette vie dit :
- Oué c KLR -galère-. Bon la gente parentale me réclame pour dîner. A +. Je dois te laisser ++ @ 2m1
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La publicité en ligne en très forte croissance
En France, le nombre total d'utilisateurs de messageries instantanées dépasse les 8 millions, dont la moitié a moins de 25 ans. Cette tendance n'a pas échappé aux publicitaires : ce sont en effet les écrans de leur page d'accueil qui financent les messageries. Internet, qui ne représente que 4 % du marché publicitaire en France, est aujourd'hui le média qui connaît - de loin - le plus fort taux de croissance publicitaire (+ 68,8 % en 2004). La publicité se réinvente : animations interactives, pop-up, teasings... Les opérateurs de messagerie instantanée entendent désormais accroître leur influence chez les adultes : MSN Messenger, département de Microsoft, veut séduire 10 millions d'internautes en 2005, soit 50 % de plus qu'en 2004.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.01.05
Un professeur s'inquiète du temps "gaspillé"
LE MONDE | 08.01.05
"Ils sont complètement absorbés, comme on peut l'être par des drogues"
"Messenger, c'est comme une drogue pour tous les ados" : Armelle, 15 ans, est lycéenne en seconde 5, au lycée Rodin, à Paris, dans le 13e arrondissement. Grosse consommatrice de la messagerie instantanée de Microsoft, elle parle d'elle-même comme si elle était en cure de désintoxication. "Avant, j'avais besoin d'aller sur l'ordinateur dès que je rentrais à la maison. Je pouvais y passer jusqu'à huit heures par jour. C'est un cercle vicieux. On reste là à attendre que quelqu'un se connecte. Presque toute ma classe a une adresse Messenger. Maintenant, je me limite à une ou deux heures, mais je ne peux pas m'en passer", poursuit-elle.
La prise de conscience de sa dépendance a eu lieu grâce à son professeur principal, Didier Amran. "Ils sont complètement absorbés par Messenger et Internet, comme on peut l'être par d'autres drogues. L'ordinateur va bientôt remplacer la télé", juge ce professeur de sciences physiques de 53 ans. En début d'année, il s'alarme du faible niveau de sa classe. Et fait remplir à tous ses élèves un questionnaire pour comprendre leur mode de fonctionnement. Il leur demande combien de temps ils passent sur leurs devoirs et combien d'heures ils consacrent à leurs activités extrascolaires. En moyenne, ses élèves travaillent six heures par semaine en dehors des cours, contre dix heures pour l'ensemble du lycée. Le chiffre est bas. Mais quelle n'est pas sa surprise quand certains déclarent que leurs activités hors classe les occupent vingt-quatre heures par semaine. "Ils m'ont expliqué qu'ils surfaient sur Internet et chattaient sur Messenger", raconte-t-il.
"Quand je demandais à mes élèves pourquoi ils ne travaillaient pas plus, ils me répondaient qu'ils n'avaient pas le temps", poursuit-il. Pour leur prouver le contraire, il leur fait remplir à chacun un emploi du temps, dans lequel ils détaillent le contenu de leur journée : réveil, cours, karaté, sortie au cinéma, dîner... "Il leur restait trente heures par semaine en moyenne. Ils étaient ébahis de comprendre qu'ils gaspillaient ces trente heures sans s'en rendre compte."
"Je ne me rendais pas compte du temps que je passais sur Messenger, confirme Armelle. Je ne faisais plus mes devoirs. Je les faisais en cinq minutes avant d'aller me coucher ou le matin." Son père, Thierry, rectifie : "Elle allait chercher les corrigés sur Internet ou faisait faire son travail par ses copains sur Messenger." "Les élèves pensent que ce n'est plus la peine d'apprendre, puisqu'ils trouvent toute la connaissance sur Internet", déplore M. Amran.
C'est quand M. Amran le convoque, comme vingt et un autres parents d'élèves de la seconde 5 sur une classe de trente-cinq enfants, que le père d'Armelle prend véritablement conscience des dégâts. Depuis, il a verrouillé l'accès à Internet grâce à un code secret.
Virginie Malingre
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.01.05